Macron et McKinsey : une alliance trouble au sommet de l’État

Depuis ses débuts en politique, Emmanuel Macron a été associé à des relations étroites avec le cabinet de conseil McKinsey, un lien qui n’a cessé de susciter des critiques et des interrogations.

Les débuts : l’influence de McKinsey dans l’ombre

Dès son passage à Bercy en tant que ministre de l’Économie (2014-2016), Macron s’entoure de conseillers issus des grands cabinets internationaux, dont McKinsey. Ce cabinet de conseil, connu pour son influence dans les décisions stratégiques des grandes entreprises et des États, commence alors à jouer un rôle discret mais essentiel dans l’élaboration de certaines réformes économiques.

La présidence Macron : l’explosion des contrats publics avec McKinsey

Sous sa présidence, les contrats entre l’État français et McKinsey explosent. En 2021, un rapport sénatorial révèle que les dépenses publiques en conseils externes atteignent 893 millions d’euros, un record. Parmi ces sommes, McKinsey figure en bonne place :

  • Campagne de vaccination Covid-19 (2020-2021) : Le gouvernement confie à McKinsey la stratégie vaccinale, pour un coût estimé à 12,33 millions d’euros.
  • Réforme des APL (2020) : McKinsey participe à la refonte des aides au logement pour 3,9 millions d’euros. Cette réforme est vivement critiquée pour ses conséquences négatives sur les bénéficiaires.
  • Autres missions : Télétravail dans la fonction publique, stratégie numérique… McKinsey est impliqué dans de nombreux projets, avec des honoraires exorbitants pour des résultats souvent contestés.

Les controverses : « McKinseyGate »

En mars 2022, le rapport sénatorial déclenche un scandale médiatique surnommé « McKinseyGate » :

  • Fiscalité : Le cabinet n’a pas payé d’impôts en France pendant dix ans, malgré les contrats lucratifs obtenus.
  • Opacité : Les termes des contrats et la nécessité de recourir à McKinsey restent flous. Les sénateurs dénoncent un recours excessif et un manque de transparence.
  • Connivences : Des liens étroits sont pointés entre certains membres de l’équipe Macron et des consultants de McKinsey, alimentant les accusations de favoritisme.

Un symbole de déconnexion et de mépris

Pour beaucoup, cette proximité avec McKinsey incarne une gestion technocratique, où l’État se décharge de ses responsabilités sur des cabinets privés, au mépris des compétences internes de la fonction publique. Ces contrats juteux avec McKinsey renforcent l’image d’un président éloigné des préoccupations populaires, davantage préoccupé par les intérêts des grandes entreprises.


Ce scandale reste une tache majeure sur le mandat de Macron, cristallisant les critiques sur sa gouvernance et son manque de transparence. Une question demeure : au service de qui gouverne-t-il réellement ?

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